Dernière modification de cet article le 23 juillet 2025 par Hugo
Deux petits mois après un autre article avancé sur une thématique technique du SEO pour les E-commerce, le Searchdexing, je vous propose un guide sur un sujet annexe : la navigation à facettes. Exclusive aux boutiques en ligne, cette pratique est notamment optimisée par de nombreux e-commerçants nationaux et même internationaux. Mais en quoi consiste cette notion, a-t-elle un impact si important, et comment bien l’optimiser ? C’est ce que je vous propose de voir aujourd’hui.
La navigation à facettes représente simplement une solution pour naviguer dans une catégorie en triant ses produits avec plusieurs filtres. Elle s’applique donc exclusivement aux e-commerces, comme mentionné dans l’intro. Concernant ce qu’on va appeler une facette, c’est simplement un filtre appliqué avec plusieurs valeurs (valeurs pouvant être la marque, le prix, la taille… d’un ou plusieurs produits). Mais une illustration devrait mieux vous parler :

J’ai ressorti Paint !
« Mais Hugo, tu viens de nous décrire une navigation par filtre. » Non non, cette définition fait bien référence à une navigation à facettes. Pourquoi ? Car la différence est qu’une navigation par filtre ne concerne qu’un seul filtre à la fois, alors que la navigation à facettes concerne plusieurs filtres pouvant être sélectionnés simultanément.
Et il est là le défi SEO : imaginez si chaque filtre crée une page accessible et indexable lorsqu’on le coche, ça fera déjà une bonne poignée de pages annexes, avec plus ou moins de pertinence. Mais maintenant imaginez si chaque combinaison de filtres crée ce genre de pages, on se retrouverait avec des milliers de pages aux filtres combinés et souvent illogiques pour chaque catégorie. En bref un désastre pour son référencement naturel ! Rassurez-vous, je vais vous montrer comment bien gérer (d’un point de vue SEO) ses facettes.
L’exemple entier est disponible en vidéo :
Pour ces exemples, on n’aura pas besoin de braver vents et mer pour visiter nos voisins transatlantiques, puisqu’on va s’intéresser à des e-commerces franco-français appliquant de la navigation à facettes faciles à comprendre.
Décathlon
On commence avec Décathlon ; ici, les facettes sont intégrées à l’arborescence et séparées des filtres. C’est-à-dire que les filtres renverront toujours vers des pages en noindex, nofollow, et bloquées via le robots.txt. Pour le SEO, les facettes intéressantes ont été séparées et mises en avant via chacune des catégories mères, avec un maillage interne de même niveau vers les autres facettes intéressantes.

Boulanger
2e exemple Boulanger, qui lui va rendre accessible les facettes intéressantes directement depuis les filtres avec un objectif SEO, et obfusquer les facettes qu’il ne juge pas intéressantes à positionner. Depuis les pages catégories, les facettes n’ayant pas d’objectifs à être référencées ont un lien javascript qui, à premier abord, n’amène nulle part ; cependant au clic, c’est bien une nouvelle page, en noindex et nofollow qui s’ouvre.

Leroy Merlin
Et 3e exemple, si on regarde du côté de Leroy Merlin, on voit que la navigation à facettes est totalement séparée du SEO : l’application de filtres ne crée aucune page, et les produits sont directement filtrés sur l’URL originale de la catégorie. On appelle ça une navigation à facettes AJAX, reprenant cette méthode pour appliquer des filtres simplement sans avoir à créer de nouvelles pages. Cependant dans cet exemple, des sous-catégories précises sont créées pour chaque secteur, et leur page optimisée pour le référencement naturel. Ce qui est aussi paradoxalement une bonne gestion des facettes en SEO, comme nous le verrons plus tard dans l’article.

Son impact en SEO
Impacts positifs
- Possibilité de se positionner sur des mots-clés longue traîne plus facilement
- Création d’un cocon sémantique efficace si bien géré
- Amélioration du positionnement des pages mères (notamment grâce au maillage interne)
En soi le 1er impact compte pour beaucoup dans une stratégie SEO ; j’ai déjà eu des clients qui généraient plus de ventes et de CA par leurs pages issues de la navigation à facettes que par les catégories classiques. C’est dire la force de cette technique si bien gérée.
Risques d’impacts négatifs
- Dilution du PR (PageRank)
- Jeter le Budget Crawl par les fenêtres
- Duplication du contenu
- Cannibalisation
- Création de DUST et spider traps (que l’on verra un peu plus tard dans cet article)
Eh oui, l’envers du décor des navigations à facettes est que c’est une pratique risquée pour son SEO : mal gérée, elle peut apporter plus de négatif que de positif. Mais du coup, comment mettre toutes les chances de son côté pour ne garder que les impacts positifs ? C’est ce que nous allons voir de suite.
Choisir les filtres et combinaisons de filtres à indexer
Si votre technologie de site crée des pages à partir de différentes facettes sélectionnées, la première chose à faire est de définir quelles pages seront indexées ou non. Pour ça, on peut créer des règles précises selon les filtres appliqués, et les combinaisons de filtres. Si on prend un e-commerce de baskets, on peut très bien décider d’indexer les facettes reprenant une marque, qui ont un intérêt SEO fort, et non celles liées aux pointures, qui ont un intérêt SEO moindre.
Par contre pour l’exemple des marques, dans ce cas on va éviter d’indexer les pages appliquant plusieurs filtres de cette segmentation. Un utilisateur ne va pas faire la recherche d’un produit en citant 2 marques différentes. Vous n’allez pas chercher « chaussures running nike adidas » sur Google, ça n’a pas de sens. C’est ce qu’on va empêcher lors de la gestion des facettes pour son SEO.
Faire un plan de taggage, ou avoir un outil d’analyse de comportement utilisateur est un gros plus pour voir les facettes récurrentes.
Paramétrer la gestion de ses facettes pour éviter les DUST et Spider Traps
Acronyme de « Duplicate URL Same Content », les DUST représentent des pages aux URLs différentes mais au contenu identique. Quant aux Spider traps, il s’agit de pièges à robots (souvent créés involontairement) engouffrant ces derniers dans des boucles sans fins de maillage interne, revenant vers des pages vides ou à très faible valeur ajoutée (voire même dupliquées).
Vous commencez à voir comment ces 2 notions peuvent se déclencher avec la navigation à facettes ? Si cette dernière est mal gérée, elle va simplement créer des URLs à foison en combinant des filtres sans queue ni tête, et même créer des URLs différentes pour exactement le même contenu. Exemple suite à mon h3 précédent, si on a mal paramétré les facettes des marques et pointures de sa catégorie chaussure de sport :
- Il existera aussi bien la page « /marque-1-pointure-45/
- Que la page « /pointure-45-marque-1/
Par déduction le contenu de ces pages sera identique en tous points. Tout comme pour le Searchdexing, un paramétrage minutieux est une nécessité absolue pour son SEO. Et pour le réaliser, je recommande soit l’intervention d’un développeur qualifié, soit l’utilisation avec paramétrage réfléchi d’un plug-in (notamment pour Prestashop, je peux vous recommander ce guide).
Limiter au maximum l’exploration des facettes non-indexables
Maintenant vous devez avoir vos facettes indexables définies, mais si votre technologie crée des pages pour chaque facette et combinaison, il doit exister des liens internes vers les pages non-indexables. Et qui dit lien interne, dit transmission de PR et impact sur le Budget Crawl.
Sauf que dans ce cas, même si ces pages peuvent avoir un intérêt pour les utilisateurs, elles n’en ont aucune pour le SEO. Alors comment faire ?
- Mettre les liens en nofollow : Non. On ne ferait que de gaspiller du PageRank interne.
- Empêcher Google de crawler ses liens : Oui si bien fait, comme le fait Boulanger, sinon les googlebots pourraient penser à du cloaking. Pour ça l’obfuscation Javascript est une solution possible, même si pas idéale car peut être crawlée malgré tout.
- Empêcher le crawl des liens via le robots.txt : Oui, les robots ne gaspillant pas de temps sur les facettes sans objectif SEO.
- Qu’il n’y ait pas de liens du tout : Oui, et c’est même la meilleure solution.
Au final, le but des utilisateurs est simplement de filtrer leurs produits ; ils se fichent d’être redirigés vers telle ou telle URL, du moment que leur navigation est fluide. On privilégiera ainsi une navigation à facettes AJAX pour les filtres et combinaisons non pertinents pour le SEO, afin de créer un modèle hybride entre cette technique et insérer des liens vers les pages indexables depuis les facettes en question.
Optimiser le on-page de ses facettes stratégiques
On en revient aux basiques du SEO : Optimiser la Title, le h1, le contenu dédié et la meta description (dans cet ordre) pour se raccrocher aux mots-clés visés. Un plus pour un e-commerce si des données structurées sont applicables. Le tout peut être fait pratiquement automatiquement si la gestion des facettes est bien paramétrée, à l’exception peut-être du contenu sur page et de la meta description.
Favoriser le maillage interne descendant et ascendant
Si on indexe délibérément des facettes, il ne faut pas qu’elles se retrouvent orphelines (CAD qu’elles ne soient pas maillées via d’autres pages du site). Les googlebots doivent découvrir un lien pointant vers cette page en plus de celui présent dans votre sitemap. Normalement, ça doit se faire facilement via les filtres.
Sauf que sans maillage ascendant, les catégories-mères seraient vidées de leur PR ! On pensera donc à assurer un maillage interne ascendant, que l’on peut implémenter rapidement et efficacement grâce à un fil d’ariane par exemple.
Monitorer ses facettes
Enfin, dernier point majeur, il va falloir garder un œil sur ses pages de facettes indexables : notamment veiller à ce qu’elles aient toujours assez de produits en leur sein. Tout simplement car une catégorie sans produits, c’est une page vide sans aucune valeur ajoutée, ni pour les utilisateurs, ni pour Google.
On fera également attention à l’indexation et au bon crawl de ces pages, en faisant une analyse de logs.
Tout ce que je viens de vous citer précédemment ne vous parle pas, ou ne savez pas / ne pouvez pas le mettre en place ? Alors j’ai une solution alternative très simple pour éviter d’attirer plus de négatif que de positif sur ses facettes : les abandonner de sa stratégie SEO.
Bon j’exagère un peu sur le terme, en réalité le but serait de soi-même créer ses sous-catégories conçues à partir du croisement de filtre(s) pertinent(s). Sur les catégories, on procéderait à une navigation à facettes gérée par AJAX : au clic, les filtres sont appliqués directement sur la même URL, et les produits triés grâce à une méthode utilisant du Javascript n’interférant pas avec le SEO. Aucune répercussion sur le référencement naturel donc (les Googlebots devant pouvoir crawler l’intégralité des produits sans filtre(s) appliqué(s) durant l’exploration de la page).
Conclusion
La navigation à facettes pouvant avoir un impact très positif comme très négatif, sa gestion et sa stratégie doivent être toutes deux millimétrées et réfléchies. Si vous souhaitez définir une stratégie de navigation à facettes performante, je vous accompagne en ma qualité de consultant SEO, n’hésitez pas à me faire signe.


